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Non à l’EPR, non au débat bidon à l’Assemblée le 15 avril
Les parlementaires socialistes ne peuvent cautionner cette mascarade
Le gouvernement fera le 15 avril à l’Assemblée nationale une déclaration sur la politique de l’énergie qui sera suivie d’un débat sans vote. Ce débat est prévu pour durer quatre heures et demie dans l’après-midi. Le groupe UMP disposera de 2h10 de temps de parole, le groupe socialiste de 1h10, le groupe UDF de trente minutes, tout comme le groupe communiste et républicain. Les non-inscrits auront dix minutes. Dans la soirée, après le débat sur l’énergie, l’Assemblée et le Sénat suspendront leurs travaux pour une semaine à l’occasion des vacances de Pâques." M. Devedjian fait plus fort que Mme Fontaine. Elle avait ouvert et fermé un faux débat dont la seule raison d’être était d’habiller le choix gouvernemental de l’EPR - concession aux impératifs de « concertation.com » oblige - refusé par plus de 60% des français. Le seul objectif concret du discours de politique générale de M. Raffarin est l’annonce du lancement de l’EPR. Le nouveau Ministre de l’Industrie enfonce le clou : circulez il n’y a rien à voir. Exit la Loi d’Orientation sur l’Energie, exit le Livre Blanc - il est vrai totalement enlisé. Puisque la décision est prise, autant aller au bout de la logique et bafouons complètement le Parlement ... avec un débat de 4 heures (pourquoi faire plus s’il n’y a rien d’autre à dire) sans vote avant de s’éclipser en vacances. Ce gouvernement des « cent jours » n’est pas à une provocation près. Et pourtant le débat énergétique est un débat essentiel à plus d’un titre ; il engage notre avenir sur un demi siècle ; les choix peuvent se révéler dramatiques et difficilement réversibles ; ils dessinent un mode vivre ensemble. De ce point de vue, une société assise sur un mode de production énergétique décentralisé et fait d’énergies renouvelables n’ a rien à voir avec la reproduction du schéma nucléaire que l’on impose sans peser les alternatives. Le deal "privatisation d’EDF + EPR" est absurdePlus prosaïquement le deal « privatisation + EPR » avancé par le Gouvernement est absurde, doublement absurde : la privatisation est absurde, le choix de l’EPR est absurde. En effet le choix de la privatisation d’EDF, la volonté de mettre en Bourse une partie du capital d’AREVA conduisent à l’abandon pur eet simple de la sécurité : la question du moindre coût sera au cœur des stratégies des nouvelles entreprises privées. Déjà EDF néglige la sécurité des centrales : aux incidents répétés à Fessenheim ayant conduit à l’irradation de plusieurs membres du personnel s’ajoutent désormais les incidents signalés à Chinon. EDF a déjà taillé dans ses dépenses de maintenance des centrales ... et l’on veut laisser croire que la situation n’empirera pas avec des sociétés privées ? Qui va payer l’EPR ?Le développement d’un réacteur EPR est très coûteux : 3 milliards d’euros. Sa rentabilité comme produit susceptible d’être commercialisé est très aléatoire. Certes, la Finlande a commandé un réacteur, ou plutôt une promesse de réacteur, dont les risques financiers sont totalement à la charge du fournisseur, mais au delà... L’Europe sort du nucléaire pour les pays comme l’Allemagne et la Belgique qui y avaient eu recours. La Grande Bretagne, dans son dernier livre blanc, n’évoque pas la construction de nouveaux réacteurs. Les Etats Unis, malgré, il est vrai, un penchant plus marqué vers le retour au nucléaire n’ont pas encore décidé de la construction d’une nouvelle centrale et les élections présidentielles auront très probablement un impact sur ce sujet. Les pays asiatiques ont leur propre filière de construction. L’industrialisation qui devrait suivre la réalisation d’un prototype elle loi d’être assurée...sauf en France ! La technologie qui est à la base de l’EPR date des années 80. Elle est peu différente de celle des réacteurs aujourd’hui en activité : ses performances annoncées en matière de sûreté, de compétitivité et de production de déchets ne sont que légèrement améliorées par rapport à l’existant. Dans ce contexte qui va payer l’EPR ? L’usager via un financement par EDF. Et cela au moment même ou EDF vient précisément dans sa comptabilité de prolonger pour 10 ans, la durée de vie des centrales, mais qu’il doit néanmoins payer comme si elles avaient gardé leur longévité antérieure et qu’il faille d’ores et déjà assurer la relève ! Et, si ce n’est pas l’usager, ce sera le contribuable. Mais, dans ce cas, quid des règles communautaires : il s’agirait d’une aide d’Etat, susceptible d’être condamnée à Bruxelles. Pourquoi faire simple quand on peut compliquer les choses ... L’EPR c’est la mort des énergies renouvelables... et tuer les possibilités d’émergence pour les énergies renouvelables de vraies filières industrielles compétitives et créatrices d’emploi en France. EDF reste aujourd’hui opposée à tout développement , à une échelle industrielle , des énergies renouvelables, hors la grande hydraulique se révèle aujourd’hui catastrophique à double titre. D’une part, le retard que nous avons accumulé rend plus qu’improbable la satisfaction de nos engagements communautaires d’atteindre 21% d’énergies renouvelables en 2010 ; d’autre part, et surtout les obstacles rencontrés en France par les industries désireuses de développer l’éolien et le solaire, mais aussi la géothermie ou la biomasse les a considérablement désavantagées par rapport à leurs concurrents notamment allemands et danois. L’Allemagne réalise, chaque année , l’équivalent de 3 EPR , en terme de production et a créé en 4ans 50 000 emplois. L’EPR est le symbole concret des impasses d’une politique énergétique qui ne peut plus raisonner aujourd’hui comme elle le faisait il y a une trentaine d’années. Le contraste est grand entre la décision d’investir plus de 3 milliards d’euros dans un nouveau réacteur nucléaire et la réduction des crédits pour les transports collectifs, pour la réhabilitation et l’isolation des logements, pour la recherche et le développement de technologies propres. La politique sur l’offre d’énergie électrique qui va être imposée par le gouvernement pourrait être une farce si elle n’était pas absurde et déraisonnable. Une autre politique énergétique est aujourd’hui nécessaire est possible. Refuser la mascarade du "faux débat" à l’Assemblée Nationale le 15 avrilDès lors le 15 avril, les parlementaires socialistes ne sauraient accepter de cautionner la mascarade du « débat de quatre heures sans vote juste avant les vacances » proposée par M. Devedjian. En décidant d’être absents de l’hémicycle, les parlementaires socialistes manifesteraient leur refus de ces pratiques. En lieu et place, ils pourraient tout simplement inviter à une séance originale d’un vrai débat les organisations qui dans la société française travaillent à proposer une autre politique de l’énergie. E. Loiselet Rappel : audition Greenpeace le 20 avril à 19h30 à l’Assemblée Nationale bureau 4 pour faire le point sur la politique énergétique de la France et sur l’industrie du plutonium en France. En savoir plus sur l’audition : cliquer ici mis en ligne le 9 avril 2004 par Éric Loiselet
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